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ISMÈNE TOUSSAINT

« UN ÉQUILIBRE DE L'ESPRIT POUR LA PLANÈTE ET MÈRE TERRE », PAR RAYMOND STONE IWAASA, MÉDIATEUR DU CONSEIL TRADITIONNEL MOHAWK DE KAHNAWAKE (TERRITOIRE MOHAWK)

UN ÉQUILIBRE DE L'ESPRIT POUR LA PLANÈTE ET MÈRE TERRE - LES LEÇONS DES « TRADITIONNALISTES » MOHAWKS ET VRAIS ÊTRES (ONKWE HON WE)

PAR RAYMOND STONE IWAASA1

L’objectif de cet article est de décrire la redécouverte d'un ancien système nord-américain de connaissances autochtones et son application. Il est conservé par les traditionnalistes, ceux qu’on appelle aujourd’hui « la Nation Mohawk » ou encore « la Confédération iroquoise ». Cet article a aussi pour but de partager les nombreux apprentissages et observations que j’ai effectués ces huit dernières années. Je présenterai donc les échanges que j’ai eus, tout comme d’autres après moi, avec le petit groupe du Mohawk Traditional Council (MTC ; Conseil Traditionnel Mohawk), rencontré en 1991. Ce dernier suit et enseigne les valeurs Haudenosaunee ou Kanonsesne (Maison Longue), qui sont  fondées sur le Kayaneren'ko:wa (Grande Loi de la Paix et de la compréhension).

La « Grande Loi de la Paix et de la compréhension » est une méthode qui a été créée à partir des principes de la physique et de la psychologie sociale dans le but d’instaurer la paix. Elle a aidé des peuples qui étaient jadis en guerre, non seulement à la rétablir, mais aussi à la maintenir de façon permanente. Elle possède à la base une structure de type « confédération » matrilinéaire, harmonieuse, ayant pour vocation de protéger la planète et les générations à venir.

Mais revenons tout d’abord sur certains termes. « Iroquois » est un mot français dérivé du Basque, qui fut attribué aux peuples de la Maison Longue, connus aussi sous l’appellation de «Confédération des Cinq Nations Iroquoises». Le nom « Mohawk » (mangeurs de chair), qui leur fut donné par des Autochtones ayant eux-mêmes été baptisés « Hurons » par les Français, n'est pas leur nom initial. Celui-ci est Kanienkèhaka (le Peuple de l’Étincelle) : il tire son origine de la pierre de silex qui se trouvait sur son territoire et de l’étincelle de la paix que ses ressortissants allumaient partout sur le continent. 

Cette manière inclusive de communiquer, de partager des perceptions et de répartir les décisions entre les différents clans et entre les membres des deux sexes, fut initiée par Dekanawida (le Pacificateur), en association avec Tsakunh’sah’se (la première femme chef) et Ayionwatha (un chef de guerre kanienkèhaka violent, devenu pacifique). Grâce à eux, cinq peuples ont définitivement abandonné leur état de guerre perpétuel. Ils se sont ainsi mués en sociétés pacifiques, tolérantes et dénuées de tout sexisme : elles autorisaient des libertés inouïes, même inespérées  dans le monde de cette époque. La formation de la Ligue des Iroquois eut lieu des centaines d'années avant l'arrivée des Européens dans le «Nouveau Monde».

Pour le Kanienkèhaka, qui vit encore sous occupation étrangère, mais aussi pour les Nord-Américains et pour le monde entier, la constitution physique et politique de la Grande Loi de la Paix et de la compréhension, qui s’appuie sur des faits scientifiques, fonctionne toujours, dans le dessein de préserver la « Création » et d’améliorer ses composantes. Dans les paragraphes et les pages qui vont suivre, je décrirai brièvement ses principaux aspects et son évolution, tels que le Conseil Traditionnel Mohawk me les a enseignés, ainsi qu’à d’autres personnes. Je tenterai de rassembler ses différents éléments et d’expliquer où, pourquoi, comment, quand et pour qui cette Loi Naturelle s’applique. Elle est si vaste et fait tellement corps avec le réel, qu’une seule de ses parties peut être d’une aide capitale pour les chercheurs, les militants en faveur de la paix, les défenseurs de la justice sociale, les écologistes et pour tout autre groupe, qu’il soit Autochtone ou non.

Le meilleur exemple de ce que cette Grande Loi de la Paix et de la compréhension a apporté est le « Wampum à deux voies »  (Kaswentha) : un traité de paix, un accord de non interférence entre nos deux civilisations, partageant la responsabilité de protéger l'environnement. Il s’agit du tout premier traité qui fut passé au début des années 1600 entre les Autochtones et les Européens, soit les Kanienkèhaka et les Hollandais, lorsque ces derniers implantèrent un comptoir à New Amsterdam, en plein territoire kanienkèhaka (aujourd’hui New York).  Bien sûr, cet accord de paix applique les principes de la Grande Loi.

Plus qu'une entente politique, le Wampum à deux voies a été conçu par nos frères et sœurs aînés autochtones pour apprendre aux plus jeunes « à préserver la paix naturelle, liée à  l’univers spirituel et physique, afin de protéger la Création et toutes les générations futures ». Les arbres, les plantes, les animaux, les minéraux, etc., ont autant, sinon davantage le droit à l'existence que les êtres humains, qui peuvent tout détruire en commettant une mauvaise action (par exemple un faux pas nucléaire). Ces enseignements sont toujours d’actualité en 2011.

Le Conseil Traditionnel Mohawk est situé dans la ville de Kahnawake (8000 habitants), qui signifie «dans les marécages au pied des rapides», sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à Montréal. Il est une institution autonome, en fait un véritable gouvernement en exil, attaqué ou ignoré par le Conseil Mohawk de Kahnawake (MCK) ou « Conseil de bande », qui relève du gouvernement du Canada.  Si l'on se réfère à l’histoire de France, on peut le comparer à un collaborateur du régime de Vichy : il est manipulé par le Canada en vue de saper les valeurs anciennes, les identités indigènes, les droits issus des traités, comme le statut des territoires protégés ou l'intendance des femmes de la terre.  Émule de l’appareil néocolonial qui l'a engendré, le Conseil de bande se présente comme étant démocratique, alors qu’il incite les Mohawks à voter pour les « élus ». 

Mais bien qu'il contrôle les fonds conventionnels et les subventions issues des impôts que la population verse au gouvernement fédéral d’Ottawa, seulement 10 à 20% des membres de la communauté exercent leur droit de vote. Le but ultime de ce corps imposé est de prélever des impôts auprès des Autochtones, exactement comme le gouvernement fédéral ou provincial l’exige des Canadiens : il est continuellement en train de forcer des enjeux-débats de leur part ou de leur arracher des concessions. Citons par exemple ses « pseudo consultations » ou référendum sur un projet de casino impliquant des intérêts autrichiens, qui fut défait par le peuple en 2003 ; ou bien la mise en place et l’opération d’un système internet (Mohawk Internet Technologies, MIT) qui dessert plusieurs sociétés privées de jeux électroniques, l’une d’entre elles appartenant à un ancien chef du Conseil de bande ; ou bien encore ses tentatives pour contrôler la production et la vente indépendante de cigarettes ou pour obtenir la transformation du statut de Nation autochtone, traité valide à l’appui, en une simple municipalité. Tout cela, en acceptant les lois du Canada et en proposant les siennes propres aux Mohawks. Cependant, il n'a pas le droit de les édicter car elles sont en contradiction avec les règles d'intégration traditionnelles : étant donné que cette organisation sert d'abord et avant tout à elle-même, les gens demeurent très méfiants à son égard.

En revanche, le gouvernement traditionnel est fondé sur le consensus et sur la combinaison chefferie héréditaire-clan. Les chefs hommes ne représentent le peuple que sous l'autorité et la direction des femmes : ce sont elles qui les nomment. Les Mohawks appartiennent aux clans du Loup, de l’Ours et de la Tortue. Le clan, transmis par la mère, est en quelque sorte une famille. Autrefois, on pouvait rester y vivre tout en se déplaçant à l’intérieur d’une des Cinq Nations, mais on ne pouvait pas se marier avec un membre du même clan que le sien.

Le jeune chef traditionnel actuel, Stuart Myiow Jr, du clan du Loup, ainsi que son père, Stuart Myiow Sr, du clan de l'Ours, d’autres Loups et Ours du Conseil Traditionnel Mohawk, ainsi qu'une poignée de personnes résidant comme moi à Kahnawake et des habitants de la grande ville, considèrent la planète comme un organisme vivant, auquel ils s’identifient. Ils se sont engagés en faveur de sa conservation, de sa guérison, et dans des campagnes d'éducation qu’ils mènent aux côtés de différents groupes environnementaux et de combat pour la justice sociale, mentionnés plus loin dans ce texte.

Les gens de l’extérieur (et même ceux de Kahnawake qui, au fil des ans, ont perdu leur clan) relèvent de la protection de l'Ours ou « Clan médecine » (medecine Clan) car le mécanisme de la pensée occidentale, qui est entièrement dominé par les hommes, nécessite une guérison. Sous l'influence des religions patriarcales et de programmes économiques et juridiques mal conçus, il a relégué la nature et ses lois à un plan secondaire. Même si l’aspect financier est important pour le petit Conseil Traditionnel Mohawk, comme pour n’importe quel autre groupe, le partage de la connaissance prévaut à ses yeux.

Ainsi, il nous apprend à instaurer la « paix » en organisant de nombreuses cérémonies traditionnelles cycliques : ce ne sont ni des sessions religieuses ni des prières, mais bien plutôt des démonstrations sur des thèmes proches de ceux que l’on étudie dans les cours de sciences : le milieu de l'hiver, l’érable, les graines et les médecines, les plantations, les fraises, les récoltes, etc. On pourrait presque comparer la Création à une cérémonie en continu, aussi est-il important de reconnaître, de protéger et de reproduire son mouvement naturel et ses rythmes. Une compréhension ordonnée de l’univers, en relation avec la Ka'ni konhri:io (ga ni go rhio) ou Good Mind  (l’Esprit Vrai), devrait être la finalité des groupes et des personnes qui vivent dans les zones géographiques où les erreurs de l'homme ont provoqué des destructions massives ayant des répercussions mondiales (selon les lois du penser ou du faire d'origine humaine, par opposition à celles de l’ordre naturel de la Création).

Le Conseil Traditionnel Mohawk se concentre sur la protection de la « Mère Terre », puisque la planète est un organisme vivant dont les êtres humains représentent le cerveau et l’esprit sain. Le renforcement et la guérison produits à ces niveaux ne visent pas à réhabiliter les seules femmes Mohawk dans leur rôle et leurs attributions : leurs sœurs citadines aussi. En effet, étant toutes les « gardiennes » primordiales, détentrices des titres de la terre, elles se révèlent aptes à tenir en échec les tendances destructrices des hommes, la suprématie masculine conduisant le plus souvent à une guerre sans fin, qui engloutit les ressources naturelles de la terre ou les organismes vivants (l’eau, l’air, le sol, les minéraux, etc.) 

Les dispositifs économiques et financiers, l'argent, etc., créent une connexion symbolique, fausse même, entre les êtres humains et la planète, car la nature est soumise à un système qui a été mis en place par les hommes seuls. Qu’ils soient capitalistes, communistes ou autres, ils sont coupés de leur lien de base et de leur responsabilité envers l'environnement, contribuant  ainsi à saccager la force de vie de la planète et notre humanité. Le principe occidental électif, le « democrapitalisme » (democrapitalism), mine toujours les peuples, afin qu’ils deviennent la proie de groupes d'intérêts spécifiques et élitistes. Les gouvernements se contentent de confirmer le leitmotiv de la « machine de guerre » et de son système économique. Ces lois humaines, qui reposent sur la production excessive et le profit, induisent une dynamique artificielle de déséquilibre, telle que les pseudo-pénuries de matières ou les matières synthétiques dangereuses. Elles ont  détérioré la nature elle-même, en particulier ses organes reproducteurs (semences Terminator), tout comme le rôle des femmes, qui est d’assurer l'harmonie sociale et la paix. Lorsqu'il y a oppression des femmes dans une société, une situation d'urgence s'impose à tous.

Les œuvres politiques Mohawk-Iroquoises étant toujours associées au respect, à la reconnaissance et au maintien de l’ordre naturel, l'intégration et le consensus concernent tous ceux qui veulent suivre la Grande Loi de la Paix et de la compréhension. Cette dernière prend en considération l'identité collective, la conscience individuelle, protège les bases naturelles, et permet souvent des innovations importantes. Je peux confirmer ici que le Onkwe hon we (les Êtres Vrais) et des organismes tels que le Conseil Traditionnel Mohawk n'ont jamais perdu leur sens de l’accueil originel ni leur rôle pédagogique (par exemple, celui du frère ou de la sœur aîné vis-à-vis des nouveaux venus). Depuis des millénaires, ils ont persévéré, réussi à protéger cette identité unie à une planète vivante (la Terre Mère), et permis à d'autres de survivre et de prospérer ici pendant plusieurs siècles. Même s’ils ont payé un lourd tribut pour prix de cette tolérance, l'inclusion et l’éducation sont demeurées au centre de leur mission. Ils n’ont ni inventé ni réinventé les valeurs Kanonsesne, ils les ont simplement remaniées, profitant des échanges matériels ou éducatifs qu’ils ont effectués pour moderniser la Grande Loi et lui ajouter un « wampum » ou clause importante : en d’autres termes, des « chevrons ».

Stuart Myiow Jr. est l'un des derniers représentants, à Kahnawake et auprès des Cinq Nations, à avoir grandi dans le respect de l'ordre matrilinéaire de la Maison Longue. Il parle et écrit avec éloquence des difficultés, des injustices et du lavage de cerveau qui affectent la Maison Longue, la Confédération iroquoise, mais aussi d'autres peuples autochtones en Amérique du Nord, du Sud, et dans le monde. Depuis sa prime jeunesse, il « rassemble les esprits » et les instruit sur le processus universel de « création », en insistant sur la reconnaissance et la conservation de son caractère initial féminin, qui se reproduit constamment. Il affirme que les religions faites par l’homme ont volé la vraie place de l'entité féminine et la puissance de la « création » - non pas dans l’intention de protéger, mais d’exterminer. Il fait valoir que sur le plan biologique, il est facile de déterminer la prédominance de la cellule féminine, qui s’impose systématiquement à la cellule masculine, appelée seulement à la compléter. Depuis le décès de sa mère, d’un cancer, en 1989, Stuart Myiow Jr, secondé par son père, défend courageusement son héritage de mère de clan et sa fonction sociale universelle.

Par conséquent, de pair avec le Conseil Traditionnel Mohawk, il a aidé les femmes Mohawks à reprendre leur place d’artisanes de la paix sociale, chargées de donner des directives aux hommes. Chaque mois depuis 2009, à Kahnawake et à Montréal, ces dernières, en partenariat avec «leurs sœurs les plus jeunes en ville», réapprennent d’importants savoirs traditionnels, qu’elles transmettent ensuite à travers le Québec et désormais au niveau international. Ce petit réseau d'influences grandissantes a découvert le système spirituel et politique  Kanonsesne, les vérités psychosociologiques, tout comme notre connexion critique à la Terre Mère et à la nature. Grâce à des sessions d'échange des connaissances, qui permettent aux participant(e)s  de renouer avec les coutumes - telles les 13 cérémonies annuelles, mensuelles, ou « Notre Grand-Mère La Lune » (reconnaissance d'un élément parent de la planète Terre et de son impact physique, notamment sur les marées et sur les femmes) -, un véritable changement s’opère, lentement mais sûrement, dans les fondements de l’Amérique du Nord contemporaine : il est le fruit des efforts d’un de ses plus importants peuples autochtones.

Il n'est donc pas surprenant de constater que les Kanienkéhaka (traditionnalistes) ont une grande compréhension de la psychologie humaine, comme de l'apprentissage et de la dynamique spirituelle et physique. Le Kayaneren'ko:wa signifie littéralement la « grande bonté » - qui se résume à la paix et la compréhension -, deux éléments reliés entre eux sur le plan physique dans la nature. La Grande Loi, qui est présentée tous les cinq ans de manière exhaustive à la population, enseigne que l'on doit reconnaître sa propre immaturité et ses erreurs. Dans la Confédération iroquoise, Stuart Myiow Jr et son père en effectuent régulièrement un exposé aussi complet que possible : plusieurs communautés Mohawks les réclament car leurs chefs ne le font plus - ce qui constitue une violation de la Grande Loi (constitution). Or, il est toujours appréciable qu’un ami ou un aîné ait la bonté de nous éclairer sur nos mauvaises pensées ou actions.

Le Wampum à deux voies est un accord de non ingérence, de partage et de respect de l’autre partie « dans sa cour arrière ». Chacun reste dans son embarcation propre : l'homme blanc dans son bateau,   l'indigène dans son canot.  En 2011, le respect du traité a été invoqué par des voisins québécois de Kahnawake, plus exactement de Saint-Cyprien-de-Napierville : ces derniers ont déclaré que les instances du Conseil de bande s’étaient ingérées dans les affaires municipales en s'alliant avec une société externe qui voulait imposer un projet éolien dans la communauté ; cela, contre l’avis du maire et des citoyens. Face au manque de bonne foi dont les gouvernements coloniaux ou postcoloniaux faisaient preuve en regard de l’historicité et de la légalité de ce traité, le Conseil Traditionnel Mohawk a dû rappeler qu’il existait des relations–obligations conjointes de protéger la « substance matérielle » sur laquelle repose le document, c'est-à-dire la conservation d’une planète en bonne santé. Évidemment, si les régimes non autochtones (européens néerlandais, français, anglais) et néocoloniaux (États-Unis, Canada) successifs étaient restés fidèles à ce seul point du traité depuis le XVIIe siècle, la crise climatique du réchauffement et l’épuisement des ressources naturelles ne seraient pas aussi graves qu’ils le sont aujourd'hui. 

Cet événement nous a permis d'entreprendre et de stimuler des campagnes environnementales et d'insertion sociale encore plus ambitieuses, qui se sont étendues au-delà de l’Amérique du Nord : nous avons même commencé à intervenir de tout notre poids au niveau anti-nucléaire. En 2009, le Conseil Traditionnel Mohawk a désigné une personne-liaison (outreach ; éducation) du Traité du Wampum à deux voies, non autochtone – en l'occurrence, le signataire des présentes lignes – pour occuper cette fonction. Par ailleurs, les communications ou les relations internationale ont repris comme par le passé entre les peuples autochtones de l’Amérique du Nord, du Sud, et le Conseil Traditionnel Mohawk, le plus souvent catalysées par des «petits frères et sœurs» non-Autochtones, conscients de l’urgence de réparer les dégâts commis par la colonisation mondiale. 

Le Conseil Traditionnel Mohawk, tout comme les Mayas, au Guatemala, et les Kogis, en Colombie, savent que les connaissances particulières qu'ils possèdent peuvent être universellement partagées et comprises, même si elles s’exercent d’abord le plus souvent sur le plan local, géographiquement parlant. Dans les forêts de l'Est de l'Amérique du Nord, il existe un terrain fertile pour un développement durable, pacifique, et  pour la constitution d’une politique non sexiste. Les Mayas ont une grande compréhension des cycles temporels et de leur impact sur les humains. Les Kogis, quant à eux, ont une connaissance profonde de la force de vie interconnectée, qui doit être perpétuée dans toute la Création. Chaque fois que le monde redécouvre une partie de son identité autochtone et naturelle, les morceaux du puzzle destiné à guérir les mentalités guerrières se remettent en place. Étant donné que les femmes sont les plus vieux ancêtres à protéger cette force de vie, leurs conseils doivent être avant tout entendus par les hommes.                      

Au moment où j'écris cet article pour un lectorat plus vaste, scolaire et autre, je serais tenté de me retirer du contexte d'immersion dans lequel je vis pour livrer un rapport « objectif scientifique » sur cette méthode d’éducation. Mais se séparer artificiellement du monde ou de l'univers dans lequel nous évoluons serait une grave erreur. Notre prétention à vouloir examiner la «bulle» de façon détachée, libérés en quelque sorte du lien ou de la responsabilité qio nous unit à  l'objet observé, est ce que Stuart Myiow Jr, avec le soutien de son peuple, reproche le plus à notre civilisation occidentale. Il estime qu’en raison des millénaires de colonisation, d’assujettissement et de lavage de cerveau que nous avons subis, notamment par le biais du symbolisme religieux, et qui ont conduit à un véritable « féminicide » (génocide commis contre les femmes mais ayant traumatisé tout autant les hommes), l'ADN humain s’est probablement modifié au fil du temps : aussi les gens ne naissent-ils plus avec leur libre pensée d’origine ni avec les mêmes capacités d'attention. 

De plus, cette folie qui consiste à défaire la texture atomique, à déséquilibrer ou à désagréger les protons, les neutrons, les électrons, par pour la seule quête du pouvoir et de gains financiers toujours plus étendus, doit nous obliger à remettre de l’ordre dans nos modes de pensée. Nos capacités antérieures peuvent renaître si nous établissons les paramètres d’une vie et d’un contexte social sains (actions collectives, enseignements de la Maison Longue, etc.) Les cérémonies, authentique entreprise de décolonisation, nous permettent de nous reconnecter avec la nature, alors qu’une société intrusive et compétitive isole et affaiblit l'individu.

La façon dont l’humain apprend à penser et à communiquer avec lui-même et avec les autres est primordial. Les actions collectives, une conscience et une communication saines doivent remplacer les opérations qui ruinent actuellement notre existence et notre économie. Un véhicule aussi factice que l'argent doit être - et est, d’ailleurs - remplacé petit à petit par des interactions de groupes et des modes de transactions alternatifs, destinés à créer une atmosphère plus constructive. La confiance en soi, en autrui, la renaissance des valeurs communes, l’équilibre physique-spirituel, etc., grandissent selon l’ordre naturel des choses. Notre crainte des autres, notre conditionnement à vouloir toujours obtenir une explication simple et rapide quant aux événements qui affectent nos vies, disparaissent peu à peu au profit d’une plus grande compréhension et d’un sentiment de foi et de paix.

Les troubles et les faiblesses de l’organisation financière mondiale, l'illusion même qu'un système d'échange tel que l’argent puisse être administré en se dissociant des lois de la nature, sont autant d’indications, pour les Mohawks et les esprits éclairés, que les nouvelles élites, dans l'Ouest, en Asie et partout dans le monde, ont adopté des conceptions erronées. Il est possible de les corriger en faisant l'apprentissage des procédés naturels de communication (counselling), garants d’un bon fonctionnement physique de la psyché humaine et d’une société en bonne santé, délivrée de la domination patriarcale des hommes ou de «l’entité masculine» (politique, religieuse, éducative…) Les problèmes découlent en fait de la crainte de ne pas être à la hauteur de l'entité féminine. Néanmoins, ils tendent à céder de plus en plus la place à un nouvel équilibre de l'identité féminine et masculine commune, qui se reflète dans les  actions de protection de la nature et dans tous les échanges, y compris économiques.

Dans la culture traditionnelle, la reconnaissance de la coexistence des aspects féminin et masculin dans les deux sexes est la norme. Mais dans les civilisations occidentales, l'entité féminine a été constamment attaquée par les institutions masculines dominantes : les femmes ont souffert de grandes discriminations, de persécutions et de génocides. Le défi de la renaissance de l'entité féminine incite les hommes à regarder à l’intérieur d’eux-mêmes et à identifier leur côté féminin pour retrouver un équilibre. Mais les femmes aussi doivent le faire, pour pouvoir se ré-identifier comme de « vraies femmes », car elles ont trop longtemps adopté les attitudes et les comportements des hommes pour survivre.

Ainsi, dans le Conseil Traditionnel Mohawk, ces mères de la Nation, qui ne jouaient autrefois qu’un rôle subalterne au sein de la machine politico-économique, ont-elles rencontré des amis, des collègues militants, de plus en plus d’hommes conscients de l’importance de soutenir les femmes et de suivre leur exemple de paix, partout où l'équilibre féminin-masculin est susceptible de revenir. En ma qualité d’agent de liaison spécial pour la diffusion du Wampum à deux voies, j’ai moi-même agi en ce sens à l’intérieur comme à l’extérieur du Conseil, et aussi auprès de correspondants étrangers désireux d’apprendre nos traditions.

En invitant tous les individus pacifiques et solidaire à s’abriter sous l'arbre de la paix (Tionerah’tasekowa, le grand pin blanc),  symbole clé de la Confédération iroquoise, la Grande Loi explique comment les voisins peuvent cohabiter et entretenir des communications fluides et ouvertes. Pour ne citer qu’un exemple, lors d’une de mes premières tentatives pour la mettre en pratique, j’ai servi de médiateur entre la cinéaste et environnementaliste québécoise Holly Dressel et le Conseil Traditionnel Mohawk. J'ai pu ainsi favorisé des contacts qui ont abouti à des relations de confiance entre Stuart Myiow Jr, son père, les autres hommes et femmes du clan, des apprenties militantes, et elle-même. Dès le début, nous, les hommes, avons estimé qu’il était important de soutenir vigoureusement ses causes et les actions qui les sous-tendaient : lutte contre l’expansion des méga-porcheries au Québec (2004-2006), puis contre les boues d’épandage résiduelles, les gaz de schiste, et bien d’autres fléaux encore. Par la suite, Holly Dressel nous a présenté des écologistes de renom, tels David Suzuki, Maude Barlow, Paul Watson, Emily Hunter, etc. Holly et David nous ont même mentionnés dans le second tome de leur ouvrage, More Good News for a Change, et nous avons transmis leur propre savoir à d’autres personnes. En 2006, lors d’une conférence de David Suzuki effectuée devant 1200 auditeurs à Montréal, Stuart Myiow et son père ont prononcé un discours de remerciement pour toutes les interconnexions existant entre les éléments de la Terre et l’Univers (Ohenton Karihwa teh kwen).

Un autre exemple de collaboration réussie est celle que le Conseil Traditionnel Mohawk a développée avec la Sea Sheperd Conservation Maritime Agence de Paul Watson, dont les bateaux battent désormais pavillon iroquois ; aussi, avec l’Alliance Commun’Eau-Terre ; les Coalitions anti-autoroute (l’autoroute 30 qui traverse des terrains agricoles) ; anti- développement immobilier dans le Parc Meadowbrooke (soutien à la Green Coalition) ; anti-forage de schiste ou exploitation du gaz naturel par fracturation (appui aux groupes Moratoire pour une génération et  Marche des Citoyens Rimouski-Montréal en mai et juin 2011) ; anti-exploitation des sables bitumineux de l'Alberta ; le Mouvement École libre Montréal ; sans oublier ses engagements auprès des peuples des pays du Sud, d’Amérique latine (Vénézuela, Équateur, Mexique, Pérou, Guatémala), des Bédouins d’Israël (Bustan), et du Bateau canadien parti pour Gaza en juin 2011. 

En juillet 2010, les actions que nous avons intentées dans la communauté voisine de Sainte-Catherine ont incité une grande société d'expédition maritime à nettoyer en profondeur le pétrole qui s’était déversé dans la voie maritime du Saint-Laurent et sur les rochers. Nous avons informé le public des dangers que représentait cette pollution et reçu l’appui de nombreux militants français.

Mais je reviens sur le sujet des hommes. Comme je l’expliquais précédemment, ils ne reflètent pas la vraie image que l’on s’en fait et ne représentent qu’une faible partie de la solution aux problèmes du monde. Depuis 2004, les femmes du Conseil Traditionnel Mohawk ont également établi des rapports solides avec Holly Dressel et d’autres fortes meneuses. Par le biais de leurs propres actions, elles ont tenu à se faire entendre, notamment des hommes du Conseil. Comme je l’ai mentionné plus haut, nous étions tout à fait disposés à prêter notre concours à Holly. Cependant, nous avons réalisé que nous ne pouvions toujours être au cœur des débats. De plus, nous avons pris conscience que notre contribution n’était pas absolument nécessaire à la réussite des projets de notre amie. Généralement, toutes nos actions de soutien à l’extérieur sont soigneusement examinées et les décisions, prises par consensus (counselling method), les membres du Conseil étant autorisés à rapporter leurs opinions et leurs idées à un représentant du même sexe qu’eux dans le cadre des réunions. Toutes les voix se font donc entendre.

Stuart Myiow Jr, le porte-parole du Conseil Traditionnel Mohawk, qui, suivant la tradition, fut désigné par les femmes, ne cesse de réaffirmer le retour de son peuple au pouvoir, ce qui implique la recherche et la formation de chefs féminins, non seulement dans son propre milieu, mais aussi dans d’autres Nations, d’autres pays, et parmi d’autres races. Cette ouverture m’a permis d’assister les femmes dont j’ai parlé plus haut, ainsi que d’autres représentantes de groupes militants ayant pris le Conseil comme modèle et appliquant ses préceptes avec succès.

C’est le cas, par exemple, de La Famille, un organisme montréalais qui œuvre à la justice sociale et à la paix en brisant les barrières qu’on a élevées entre les Autochtones et les non-Autochtones : elle travaille notamment à redresser les torts commis par l’Église, tels l'expropriation des terres indigènes ou  l'éclatement des familles, dû au départ forcé des jeunes Autochtones pour les pensionnats. Chaque année, aux mois de juin et juillet, cette association organise un voyage inter-peuples en canot d’une durée de dix jours, intitulé  «Mission de Paix sur le fleuve Saint-Laurent». En 2009, encouragée par la participation du Conseil à cette initiative, La Famille a adopté le modèle structural mohawk.  De ce fait, un conseil de femmes, le Cercle des Femmes de Montréal (ou de L’Île de la Tortue), a vu le jour et nommé des représentants de sexe masculin : grâce à ce nouveau partage des connaissances, La Famille s'est agrandie tout en étendant sa sphère d’influence.

La même année, le Conseil Traditionnel Mohawk et La Famille ont commencé à organiser ensemble les cérémonies de la Pleine Lune au Mont-Royal, à l’intention des citadins et des citadines. Une fois par mois, à la veille des propres cérémonies des femmes Mohawks, les deux parties se rassemblent afin de rappeler et de rendre hommage au caractère féminin de la lune, ainsi qu’à sa parenté et à sa relation directes avec la Terre. Ce cercle permet à tous les participants d’en témoigner et d’exprimer leur expérience dans la langue de leur choix, cela, sans être interrompus par les auditeurs. De plus en plus de Montréalais, en quête de réponses sur les origines de l’Univers, reconnaissent aujourd’hui la contribution des peuples autochtones à leur propre système de connaissances : à savoir que la lune est dans une interaction dynamique constante avec la terre, et pas seulement  une masse pierreuse morte.

En concordance avec la cérémonie de la Lune, le Conseil Traditionnel Mohawk a publié dans son site, sous le titre Letters of the Full Moon Imperative (Lettres sur les Impératifs de la Pleine Lune), une série de 13 lettres exposant les mesures à prendre pour s’éloigner du patriarcat et se diriger vers une politique matrilinéaire. Par le biais d’une analyse critique des comportements et des effets produits par la domination masculine, elles dressent le bilan des contradictions économiques et sociopolitiques du capitalisme, jugé très dommageable, surtout en matière de protection de la terre, des droits des peuples indigènes et des femmes. Ces documents ont été écrits pour aider à la reconstruction de l’équilibre naturel entre les hommes et les femmes, et pour répondre aux peurs psychologiques (celles du pouvoir de la femme, de la gestion des ressources, etc.) que la colonisation a enfouies dans le psychisme de chacun. Ainsi, nous apprenons à appliquer la Grande Loi de la Paix et de la compréhension pour rééquilibrer notre vie, à respecter la sagesse et la vision des femmes, mais aussi celles des hommes qui, en reconnaissant le bien-fondé de l’entité féminine, mettent un terme à leurs comportements destructeurs.

Tout en écrivant ce texte, j'ai observé l'évolution des groupes de femmes en interaction les uns avec les autres : la plupart d’entre eux se sont rapprochés. À la fin du mois de décembre 2010, une représentante des femmes Mohawks, une de nos sœurs Mayas, des Montréalaises, etc., ont procédé avec les cercles d’hommes aux cérémonies du Solstice d’hiver, sur le Mont-Royal, qui célèbrent cette  période importante d’éclipse et de pleine lune. 

Il m'est apparu clairement, dans la montagne enneigée et le froid de l’hiver, que ces groupes étaient bien plus solidaires qu’un an et même que deux ou trois mois auparavant. Les hommes et les femmes ont démontré une patience notable, qui a fait naître la confiance et la préparation de projets communs. Tous avaient la conviction profonde d’avoir avancé dans la voie de l’unité, grâce à des actes et à des paroles dédiées à la sauvegarde, voire à la consolidation des phénomènes et des éléments naturels sur la Terre - et non à celui des  idéologies « faites par l'homme », qu'elles soient de nature politique, économique ou religieuse.

Actuellement, de plus en plus d’associations et d’amis convergent vers le Conseil Traditionnel Mohawk et La Famille, contribuant ainsi à les renforcer. Un petit groupe mixte est même en train d’apprendre la langue Kanienkèhaka pour pouvoir la parler lors des cérémonies : une initiative tout à fait inédite, quand on sait que même les citoyens de Kahnawake ne l’utilisent pas à ces occasions. Les femmes, comme la terre, redeviennent sacrées et l’on sent qu’un grand redressement est à l’œuvre : elles donnent davantage de directives et sont plus autonomes ; elles abandonnent peu à peu toute compétitivité entre elles et font désormais naturellement confiance aux hommes, sans se forcer.

Depuis le printemps 2011, après un long hiver, les principaux protagonistes de ce renouveau spirituel et politique tendent de plus en plus à former une structure communautaire de type familial, comprenant des aîné(e)s, des frères, des sœurs et des enfants. Nos actions et nos interventions sont de plus en plus reconnues et recherchées, à Montréal comme à l’extérieur, par des écologistes, des artistes et des communautés bien connues. Un début de rapprochement s’est opéré avec le peuple Anishinabé, qui se bat pour protéger son territoire contre les mines d’uranium et l’exploitation du bois. Nous avons également participé à plusieurs événements environnementaux, pédagogiques, interculturels, et avons soutenu les Japonais, ainsi que d’autres peuples, dans leur lutte anti-nucléaire. Enfin, le point fort de la Mission de Paix sur le fleuve Saint-Laurent 2011 a été le regroupement d’une flottille de canots et de bateaux devant la centrale nucléaire Gentilly 2 (région du Cœur-du-Québec), le 26 juin dernier.

Il faut remercier les forces de la Création pour cette vie et cet apprentissage du sens profond du traité du Wampum à deux voies.

Raymond Stone Iwaasa, mai-juin 2011

Courriel :
hillofpeace@hotmail.com
Sites Web : http://www.mohawktraditionalcouncil.org ;
http://www.famillesdumonde.org

NOTE

1. Né en Alberta, d'un père japonais ayant toujours œuvré auprès des Premières Nations et des Métis, et d'une mère Canadienne-anglaise, Raymond Stone Iwaasa est titulaire d'un doctorat en Sciences de l'Information et de la Communication de l'Université Louis Pasteur de Strasbourg (ULP, Est de la France). Il a produit la première thèse européenne et des articles sur les messageries-dialogues (courrier Télétel) avant de travailler pour Vidéotron International, à Paris. Devenu ensuite chargé de cours à l'Université du Québec à Montréal (UQÀM), sous la férule de l'indépendantiste Pierre Bourgault (1934-2003), son intérêt pour la langue française l'a conduit à consacrer plusieurs vidéos aux référendums de 1980 et 1995 sur la souveraineté du pays. En 1991, sous l'influence de son père, il a rencontré le Conseil Traditionnel Mohawk de Kahnawake (Mohawk Traditional Council, Territoire Mohawk), dont il est depuis 2008 l'agent de liaison pour le Wampum à deux voies. Animé d'un ardent souci de justice sociale, il est convaincu que tous les Nord-Américains et même tous les habitants de la planète devraient reconnaître, retrouver et accepter leurs racines indigènes. 


Journée de la Terre (2008)


A BALANCED MIND FOR US AND MOTHER EARTH - LESSONS FROM THE MOHAWK TRADITIONA​LISTS AND TRUE BEINGS (ONKWE HON WE)

One goal of this paper is to describe the rediscovery of an ancient North American indigenous knowledge system and its modern applications. This system is conserved among "traditionalists" in what is today called the "Mohawk Nation" or "the Iroquois Confederacy". This article serves another purpose also, that of sharing many teachings, elements, exchanges, which I have been exposed to full time for the last eight years (I have known them since 1991). This will be done by focusing on experiences that myself (and now several other visitors from outside) have had with a small group called the Mohawk Traditional Council (MTC), which follows and teaches Haudenosaunee ("Longhouse" or "Kanonsesne") values based on the Kayaneren'ko:wa ("The Great Good" or Great Law of Peace and Understanding).

The Great Law of Peace and Understanding is part of nature and a method respecting and reestablishing the former rooted in both social psychology and principles of physics. It has allowed my host people formerly at war with one another not only to make peace but also to maintain it permanently. It includes a harmonious, confederate and matrilineal structure that protects the planet and future generations.


"Iroquois" is a French word derived from the Basque attributed to the peoples of the Longhouse also known as the Confederation of the Five Nations Iroquois. The name "Mohawk" (meat eaters) which they were labeled with by other natives (called "Hurons" by the French) is not from themselves. Their own name is Kanienkehaka ("the people of the spark" referring both to the flint stone within their own territory and for the spark of peace which they brought citizens across the continent). An inclusive way of sharing perceptions, communication and distribution of decision-making process between the two sexes and between different clans was initiated by Dekanawida (The Peacemaker), allied to Tsakunh'sah'se (first woman chief) and Ayionwatha (a violent Kanienkehaka warlord who become peaceful).  Thanks to them, five nations long engaged in conflict finally left a state of perpetual war. They were transformed into peaceful, non-sexist and tolerant societies allowing unheard and undreamed freedoms elsewhere for the era. This happened hundreds of years before Europeans arrived in the New World (League of the Iroquois).

For the Kanienkehaka, North Americans and the world, the physical and political constitution of the Great Law of Peace and Understanding based on science, is still functional in whole or in part (eg, due to the fact that they are "under occupation") thus preserving nature or "Creation" or improving its components. In the paragraphs and pages that follow, we briefly describe some key aspects and its evolution, as taught or explained to me and others by the MTC. We will try to interlace and emphasize different elements; where, why, how, when and for whom the natural law is applied. This law is so vast, deep and rooted in reality,  that knowing only part of it may be an important aid for researchers, activists for peace, social justice, environmentalists and other groups (aboriginal or not). Here's an example of what can be learned from this Great Law of Peace and Understanding. A treaty of peace called "The Two Row Wampum" (Kaswentha), a non-interference agreement between the two civilizations, but with a common responsibility for the preservation of the environment. This is the first treaty passed between Aboriginals and Europeans. This was agreed to by the Kanienkehaka and Dutch in the early 1600s, when the latter implementing a trading counter in Nieuw Amsterdam in full Kanienkèha territory (now New York).  Of course, this peace agreement applies the principles of The Great Law.  More than a political agreement, the Two Row Wampum was designed by the "elder" aboriginal sisters and brothers to maintain harmony and educate the "younger" newcomers in preserving a natural peace in all our relations – interconnections in a physical and spiritual universe (and thereby protecting all unborn generations).  The trees, plants, animals, minerals, etc. are seen to have equivalent or superior "rights to exist" as we humans - who in a false move can destroy all in Creation (eg, nuclear dynamics).  These lessons are ongoing in 2011.

The MTC is located in the town of Kahnawake, which means "in the swamps at the foot of the rapids" (population 8000 inhabitants) on the south shore of St. Lawrence River across from downtown Montreal.  It is an autonomous institution and indeed a real government in exile, attacked or ignored by the Mohawk Council of Kahnawake (MCK), also called "band council" which is really part of the government of Canada. This is akin to the Vichy collaborator regime in the history of France and is manipulated by Canada for undermining traditional values ​​and identities, indigenous treaty rights such as the status of protected land masses, etc. and the primary stewardship of women for the earth. The Band Council emulates the neocolonial system that designed it and attempts to introduce democracy by encouraging the Mohawks to vote for "elected leaders" in Western-style consultations.

Yet though the MCK controls conventional funds and other monies due to the people from the Canadian government in Ottawa, only 10-20% of them vote. This imposed body is ultimately seeking to demand taxes from indigenous peoples, as the federal or provincial (regional) requires from Canadians and is continually trying to force issues and debates on the people, extort concessions, etc. For example, the "pseudo consultations" or referendum on a casino project with the Austrian interests promoted by the MCK (defeated by the people in 2003) or subsequent tolerance for the creation and operation of an internet gaming system (MIT - Mohawk Internet Technologies) serving several private companies including one belonging to the former leader of the band council.  Or trying to control the production and sale of native cigarettes or encouraging limited municipal type policies for this ancient, aboriginal Nation with a valid, internationally known treaty.  And also by accepting the laws of Canada and Quebec and proposing membership laws for the community which it has no right to exercise - in conflict with traditional rules of integration.  The system serves itself first and therefore people are wary of it.

The traditional government is based on consensus and a system of hereditary chiefs and clan system.  Men only represent the people under the authority of the women. The leaders are both women and men appointed by the Mohawk women chiefs of the Wolf, Turtle and Bear clans. The clan, transmitted by the mother is like her own family and historically members can stay inside it (live) even while sometimes moving to another one of the five nations, though one cannot not marry a member of the same clan.  The young traditional leader, Stuart Myiow Jr. of the Wolf Clan, supported by his father Stuart Sr., Bear Clan, other Bears or Wolves from the MTC, neighbors in Kahnawake,  others like myself living here or inhabitants of the city, etc., identify strongly with the planet as a living organism and engage in conservation, healing and education campaigns with various environmental, social justice groups, etc. mentioned later in this text.

The Outsiders (and even those from Kahnawake, who over the years have lost their clan and came back to Longhouse) are under the protection of the Bears or "Medicine Clan."  Because those who have been dominated by Western thought need healing and medicines (also people are medicine to one another). This thought has placed nature and its laws on a secondary level through the influence of patriarchal systems (eg, religions) spawning economic, legal, social, etc. models which are poorly designed, etc.  And even though finances are important to the MTC like for everyone, the most important exchange mechanism with other people is the sharing of knowledge.  For example, showing how the "peace" can be attained and performing many traditional cyclical (seasonal) ceremonies which are not religious or prayer sessions, but more like of science class teachings and reminders (mid-winter, maple, strawberry, planting, harvesting, etc.).  One could say that all creation is a ceremony and continuous event and therefore it is important to recognize, protect and replicate the natural dynamics and cycles.  Then a good order of understanding related to the Ka'ni konhri: io (gan knee go ree o) or "The Good Mind" becomes the aim of individuals and collectives.  This is especially important in multiple domains, regions, etc., where human errors or thought or interpretation, etc. have contributed to massive, global destruction.

The MTC focuses on the protection of Mother Earth since the planet is a living organism and people are its healthy mind and brain. Healing and strengthening at these levels are not only firstly to rehabilitate Mohawk women but also their sisters in the city - both are "guardians" of primary importance and title holders of the land. They keep the destructive tendencies of men in check and enable them to learn and stay in balance. Male dominance leads easily to ongoing war, which engulfs the natural resources or body of the earth (water, air, soil, minerals, etc.).

The economic and financial systems, money, etc. create an artificial or symbolic connection between people and the planet, nature being subjected to a system of man whether they are capitalists, communists, etc..  The latter are both cut off from a basic and responsibility to nature and even help to destroy the life force of the planet and our humanity. The Western elective process (called "democrapitalism" by the MTC) undermines the masses so that they always fall prey to special interests and elites. Governments simply confirm the leitmotif of the "war machine" and its economic system. The laws of man based on the excessive production and profits, artificially create a dynamic imbalance (such as material shortages), dangerous or synthetic materials, etc. and have undermined nature itself, particularly its reproductive side (eg, Terminator seeds) and womens’ role to ensure social harmony and peace. When the women are oppressed then an emergency situation arises.

Since respecting Mohawk-Iroquois policies is always linked to the recognition and maintenance of natural processes, there is consensus and inclusiveness for those who want to follow the Great Peace. This supports collective identity and consciousness, protects natural foundations yet often allows important innovations. I and others can confirm that the Onkwe Hon We and their structures such as the MTC have never lost their sense of identity and initial teaching role (eg, that of elder sister or brother) vis-à-vis the newcomer peoples. They have persevered and succeeded in protecting this identity associated with a living planet for millennia and allowed others to survive and flourish here for many centuries. Even if they have paid a heavy price for this tolerance, education and inclusion of others to this very day, ​​Longhouse and Confederate key values are neither invented or reinvented but are simply "retooled". Thus, they have also benefited and not always lost in material trades or exchanges of educational processes. The Great Law Constitution has a "Wampum" or important article in it allowing significant modernization called "adding to the rafters ".

In Kahnawake and amongst the 5 Nations Stuart Jr. is one of the last representatives to have grown up under matrilineal order of the Longhouse for his whole his life. He speaks and writes eloquently of the difficulties, injustices, and brainwashing targeting it and the Confederacy, other indigenous peoples in North and South America and worldwide. Since a very young age, he "gathers the minds" (animates) and educates people about the universal process of "creation" of which the most important thing is to constantly insist on the recognition and preservation of its initial female character never ceasing to reproduce (preserve) itself.  He argues that man-made religions have stolen the rightful place of the female entity and power in "Creation" not to protect but to destroy. He argues that in biology, it is easy to determine that the predominant identity is female, which then calls upon male side, expected to complete and protect it. Thus, in countless actions since they lost their mother-wife to cancer in 1989, the son and widower dad Stuart Sr. bravely defend her legacy as clan mother and that of this universal social function universal.

Consequently, Jr. and MTC have undertaken rehabilitation of Mohawk women as the main social peacemakers giving several directives to men.  In Montreal each month since 2009 Kahnawake Mohawk women and the "younger city sisters" relearn then share important knowledge and traditional structures in Quebec and now internationally. A small network of influence is growing, particularly in groups in and around Montreal who are discovering the Kanonsesne or Haudenosaunee physical-political-spiritual system, sociopsychological truths, our critical connection to Mother Earth and nature, etc.  By initiating the exchange of knowledge, then making it so all the players can always be more aware of such customs as the 13 yearly ceremonies, or monthly ones such as "Our Grandmother Moon" (recognition of a parent element to the planet Earth and its physical impact on us especially on the tides and women), a real change in the structures of contemporary North America is emerging slowly but surely related to one of its most significant indigenous populations.

It is therefore not surprising that the traditional Ka ien ke ha ka have a great understanding of human psychology, learning, spiritual and physical dynamics. The Kayaneren'ko:wa literally means "great goodness" which boils down to peace and understanding - both physically interconnected in nature. The Great Law, presented in full in the population, in principle, at least every five years, teaches that one must recognize and repair one’s own immaturity and mistakes. However, it helps a lot when a friend or elder is kind enough to help us become aware of our bad thoughts or actions. Throughout the Iroquois Confederacy it is Stuart Jr. and Sr. who give the most regular and complete presentations. Other Mohawk communities also ask them because their own leaders do it only sporadically or not all - which is a violation of the Great Law (constitution).

The Two Row Wampum agreement is one of non-interference and sharing - to respect the other party's "backyard" (everyone stays in his own vessel, the white man in his boat and the native in his canoe).  In 2011 this Treaty was evoked in a letter by Quebec neighbors to Kahnawake (St. Cyprien de Napierville) stating that instances of the Band Council are interfering in its municipal affairs - via an alliance with a developer who wants force a wind project on the community that the mayor and citizens do not want.  Despite the historical, external lack of good faith in respecting the treaty on legal, moral, grounds, etc. by colonial  or post-colonial governments, the MTC confirms there are still relationships - joint obligations, especially for the planet’s health and survival  (the material substance upon which the Treaty is based). Obviously if since the 17th century, successive European (Dutch, French, English) and neo-colonial regimes (USA, Canada) had continued to abide by this single point of the treaty, the MTC and others insist that the climate warming crisis and accelerated man made destruction of natural resources would not be as serious as it is today.

Remembering this helps initiate and stimulates even more ambitious environmental and social inclusion campaigns - justice, equality, peace  - even beyond North America (we begin to intervene with force in anti-nuclear action). In 2009 the MTC has designated a "Liaison" (Outreach) of the Two Row Wampum even a non-native (eg, me) may hold this position. In addition, several communications, local links or international relations are occurring a bit everywhere (eg, historically again between the indigenous peoples of South and North America and the Mohawk Traditional Council).  These are often catalyzed by the "younger sisters or brothers' or non natives realizing what needs to be reinforced or repaired because of global colonization.

The MTC, like the Maya and Guatemala and Kogi of Colombia all know that they possess special knowledge which can be universally shared, but firstly understood and applied very locally. So in the forests of eastern North America there is a fertile ground for a sustainable development, peaceful and non-sexist political constitution, the Maya have a great understanding of the elements of cyclical time and the impact on the identity of the man and the Kogi have a deep knowledge of the interconnected life force must be maintained during and throughout all of Creation. Whenever and wherever the world rediscovers some of its indigenous identity and nature, the pieces of the puzzle for repairing war mentality get put in the right order.  Women are the oldest ancestors protecting this life force and their advice should be heard by humans before anything else.

As I write this article for a wider public, school, etc. readership,  it is tempting to pretend that I can withdraw from the immersion context in which I live and deliver an "objective, scientific" report on this educational immersion. But that would be a mistake and artificial separation towards the world and the universe in which we live. And this is what Stuart Jr. and his people criticize in our Western civilization's thinking.  Pretending that we can examine a "bubble" in a detached way frees us up somewhat from a connection or responsibility to the observed object. Stuart Jr. believes that through millennia of colonization and subjugation to brainwashing through religious symbolism, femicide (genocide committed against women traumatized men as well as the women) and other manipulations, most likely human DNA has been changed and people are no longer born with free thought or original attention spans.

Moreover, as testifies the madness of atomic “deconstruction” destroying or disrupting the protons, neutrons, electrons in search of vast power and profit, we must bring order again to our way of thinking. Fortunately, these capabilities can be reborn by healthy lifestyle and environmental parameters (eg, physical, social actions, structures, etc. linked to the Kanonsesne or Longhouse). Also thanks to the ceremonies part of the decolonization process where we can reconnect with nature rather than live in an intrusive and competitive society that isolates and weakens the individual.

How the individual learns to think and communicate with one self and others is paramount. When this is restored collective action, consciousness and healthy communication replace destructive interactions that dominate both our economy and lives today.  Something as artificial and widespread as money must be replaced slowly but surely leading to new group interactions and alternative trading systems. As this occurs naturally in consciousness, balanced human interactions and communications lead to a more constructive atmosphere. Trusting one self and others, rediscovering collective values, a physical-spiritual balance, etc., all increase following a natural order. Our man made fears (eg, conditioning of always wanting a quick and simple explanation for the phenomena that affect our lives) give way to more understanding, confidence and peace.

Disorders and weaknesses of the global financial system and even the illusion that a system of exchange (eg, money) can be administered divorced from the laws of nature - are simply signs for the Mohawks and other patient beings - today, that the Western, Asian, etc. elites around the world have adopted many wrong ways of thinking.  Correcting these problems is possible through learning and the natural process of communication (counseling) - which have everything to do with the physical functioning of the healthy human psyche and society  -  not under the domination of patriarchal men or "male body" - political, religious, educational, etc. These problems are based on fears of not being up to par with the female entity. From now on and for the sake of the planet they are giving way to a new balance in the female and male common identity and preservation of nature in all exchanges, in particular those of economic nature.In traditional culture recognition for both the women and men is the norm. But in contemporary Western civilization or the female entity has been constantly attacked by the male dominant system and women have suffered great discrimination, persecution and genocide. Meeting the challenge of the rebirth of the female entity encourages men to look inward recognizing their feminine side to find balance, but women also have to do this. They are in a new process of identification as "real women" who for too long have taken on the attitudes and behaviors of men to survive. Thus, these mothers of the people,  once limited to playing a subordinate role in major political-economic systems, now meet friends and many new colleagues from various militant groups at the MTC.  More and more men have been encouraged to better support women and follow their example of peace wherever the male-female balance can return. As Special Liaison for Two Row Wampum (Outreach) of the MTC, this is what I do for all parties (sometimes within the MTC also), but especially for the people and outside groups who need to learn the traditions here.

Specifying how all individuals wanting peace and solidarity are encouraged to shelter under the tree of peace (the great white pine - Tionerah'tasekowa) key symbol for the Iroquois Confederacy, the Great Law provides many indications of how neighbors can coexist and how to keep communications open and fluid. A notable example is the how the Great Law gives all freedom to enact and enabled me to link us to articulate Quebec filmmaker and environmentalist, Holy Dressel.  In my one of my first attempts to apply part of the teachings overseen by Sr. and Jr.,  I facilitated contact with her which led to a relationship of trust between all like the MTC men including myself, the women here, other activists, etc.  From the beginning, we the men felt it was important to support the actions and causes of Holly as deeply and widely as possible.  Important relationships and direct results came about by fighting against the expansion of factory hog farms in Quebec (2004-06) followed by curtailing sludge spreading spearheaded by Holly’s daughters, native wisdom recognized in UN biodiversity forums, a call to end shale gas drilling and many other campaigns. And not only with her but several important environmentalists whom she knows such as David Suzuki, Maude Barlow, Paul Watson, Emily Hunter, etc. As for Suzuki we met him a few times in addition to his wife Tara and daughter Severn. Holly and David have written about us (eg, the book "More Good News For A Change", Volume 2) and we have learned from them and shared their knowledge with others. In 2006 as an opening to a speech by David before 1,200 people in Montreal, Stuart Jr. and Sr. pronounced the words spoken before all others (Ohenton kariwatekwa). It's a regular and important act of thanksgiving and consideration for all the interconnections between the elements of the Earth and Universe. Another example of collaboration involves the MTC and the Sea Shepherd Maritime Conservation Agency of Paul Watson who is flying the "Ayionwatha Wampum Belt Flag" a board his ships. Still others are with the south shore of Montreal land-water conservation groups (Alliance Commun'Eau"Terre), coalition (Anti Highway 30) through the agricultural green zone, coalition "Meadowbrook Park" out of a present city borough golf course, coalition “Moratoire Pour Une Generation” (against natural gas, shale drilling by fracturing including march of citizens Rimouski Montreal, May-June 201l),  those fighting the Alberta oil sands or the Montreal Free School Movement, groups, peoples and countries South and Latin America such as Venezuela, Ecuador, Mexico, Peru and Guatemala, the Bedouin people in Israel (Bustan) and the Canada Boat for Gaza (June 2011). In July 2010, our actions in the neighboring community of St. Catherine prompted a major maritime shipping company, Canada Steamship Lines, to clean up much more extensively an oil spill in the St Lawrence Seaway (including the oil-soaked rocks). We informed the public of dangerous pollution, and this activity was followed as far as France.

But let’s return for a moment to the topic of mens’ roles which are only part of the solution and the true picture for preserving nature, social harmony and peace.  Since 2004 indigenous women in the MTC are also very familiar and friends with Holly and many in her circle who are also strong women leaders. As mentioned the MTC men were very willing to help co-lead or follow political actions against the expansion of mega hog farms in Quebec, protests against the spreading of sludge, etc. Over time the aboriginal women here and Holly became close and wanted to be more heard in the various MTC actions and those of others.  The men have become used to not always being initially or necessarily at the heart of issue choices or debates but neither have we felt that our contribution and support are not critical to their success.  We are learning to follow and assist Creation's natural orders and beats running through them very much. And all outside activities are systematically analyzed and discussed reviewed by all. In the Iroquois method of communication and decision by consensus (counseling method), men and women can report their opinions, ideas, etc.., either personally or via a representative of the same sex (eg, in a meeting). Thus, all voices are heard.

For Stuart Jr.,  the Longhouse representative and voice as designated traditionally by the women chiefs, not only is he helping to reaffirm the return of his own people to a sacred balance  involving traditional research and training of women leaders - but also to those of other nations or countries, races, etc..  And it allowed me to learn to help not only women above, but also many other groups or activists in Montreal, where women began to imitate the structure and success of the MTC.

This is the case of La Famille, a Montreal social justice group that is dedicated to peace for example by breaking down barriers between aboriginals and non-indigenous (eg, redressing the wrongs of the church such as land expropriation indigenous or aboriginal family breakdowns - due to physical displacement of indigenous youth forced from their families into distant,  boarding schools).  And for every summer (June-July) the last four years, it has organized the "St. Lawrence Peace Mission - Mission de Paix sur le fleuve Saint-Laurent" a ten day inter nation canoe trip now from Kahnawake - Montreal to Quebec City.  After a successful MTC participation in the 2009 event, La Famille decided to function according to the Mohawk traditional structural model Mohawk.  Thus, "a women's council" appointed male representatives and has reached a more balanced level of power sharing for all thanks to this knowledge sharing.

Also in 2009 the MTC and La Famille  jointly starting organizing the ceremonies of "Our Grandmother Full Moon" for urban women and men on Montreal's Mount Royal.  Once a month and a day before the Mohawk women do make their own ceremony in Kahnawake, both parties come together to remember and pay tribute to the feminine character of the moon and its direct relationship to the earth as a parent body. This is done by allowing all participants to recognize and acknowledge this in any language or form (speech, poem, song, etc.) without interruption by someone else in the growing circle). Montrealers have begun to recognize the contribution of indigenous peoples to their own knowledge and not always the opposite.  Namely that the moon is in dynamic interaction with the earth as an older parent and is not just a lifeless, rocky mass. She is seen as the living, beating heart of the earth to be cherished and protected. More and more women and men are involved in and are attracted to the knowledge of the origins of the Universe and its implications.

Coinciding with the commemoration of "Our Grandmother the Moon" has been the writing and publishing of the "Letters Of The Full Moon Imperative" by the MTC (also on website). Spaced over approximately one and a half years in 13 different documents, they show the measures and procedures necessary to move away from patriarchy to a matrilineal system. Through a critical approach to dominant male behavior and outcomes, these texts address the very destructive economic and sociopolitical policies of the capitalist system (eg, democrapitalism)  - especially when it comes to protecting the land, the rights of "indigenous peoples and women." They are written to help rebuild a natural balance between women and men and in response to psychological phenomena, fears, etc. which colonization integrated into the psyche of everyone, (eg, when it comes to important issues of resource management, the woman's "natural power", etc.).

We learn to apply the Great Law of Peace to rebalance our lives and respect the wisdom and vision of women but also men who develop the ability to stop destructive behaviors and also recognize that many women have not yet had access to such knowledge. While writing this text since October 2010, I have seen the evolution of womens' groups in interaction with each other and which for the most part, are much closer to each other – and capable to guide the men. At the end of December a representative of Mohawk women, a Maya and a Montreal sister, supported by groups of men, did significant joint ceremonies on Mt Royal in Montreal to commemorate the important period of solstice, full moon and eclipse.

It was clear to me in the snowy mountains and cold winter that the groups were gathering more often and energetically than even a few months earlier. Men and women showed a significant patience to one another facilitating even more confidence and joint actions. Everyone had a deeper belief that participants moved through a path of unity around actions, words, etc.  These were dedicated to the preservation and even the strengthening of natural phenomena on earth - and not "man-made" ideologies be they economic, religious, political, etc.  We were witnessing the convergence and strengthening of groups or friends towards the MTC and La Famille, thanking the forces of creation for this life and learning the deeper meaning of the Two Row Wampum Treaty. Also since last fall a small mixed group is learning the Ka ien ke ha language applied to ceremonies and this is unique because even the people of Kahnawake are not implementing their language at this level.  Women like the earth again become sacred and we are aware of a large ongoing recovery. They become more directive, autonomous, less competitive with each other and able to trust men in a relative way, not in a forced manner.

Then in the spring of 2011 after a long winter, the main protagonists of this physical-spiritual-political renewal are closer and closer to a common structure - family with sisters, brothers, elders, children.  Our actions and engagements are better recognized and more popular in Montreal and beyond (eg, by well known ecologists, artists and community). There is the beginning of a relationship with Anishinabe people and protecting their territory against uranium mining and logging.  We participated in several environmental, educational, intercultural events and have supported the Japanese people and others in the anti-nuclear areas. Furthermore, one facet of the St. Lawrence Peace Mission this year (June 22-30) is a flotilla of canoes and boats in front of Gentilly 2  protesting Quebec’s plans to continue nuclear power (June 26).

Raymond Stone Iwaasa, Special Liaison Agent for the Two Row Wampum, Mohawk Traditional Council  (May-June 2011)

E-mail:
hillofpeace@hotmail.com

Websites: http://
www.mohawktraditionalcouncil.org ;
http://
www.famillesdumonde.org

 

 

© Raymond Stone Iwaasa, Conseil Traditionnel Mohawk (Mohawk Traditional Council)


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