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ISMÈNE TOUSSAINT

16 NOVEMBRE 2010 - « MACDONALD CONTRE RIEL » : UNE LECTURE DE M. JEAN JOLICŒUR, CHEF DES AUTOCHTONES HORS-RÉSERVES DU QUÉBEC ET « PÈRE DE LA NATION MÉTISSE », À LA SOIRÉE LOUIS-RIEL DE REPENTIGNY (LANAUDIÈRE, QUÉBEC)

Jean Jolicoeur                                                                                        
  
(Photos : Jean Jolicœur - Louis Riel - John A. Macdonald)

Le 16 novembre 2010, M. Jean Jolicœur a poursuivi la conférence qu'il avait prononcée la veille à Montréal, « Louis Riel, fédérateur de la Nation métisse », par la lecture de quelques extraits de l'ouvrage d'Ismène Toussaint, Louis Riel, le Bison de cristal (Éditions Stanké, 2000), dans le cadre d’une soirée organisée en hommage au chef métis  par la section LeGardeur de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJBM), à Repentigny (région de Lanaudière). 

Au public, nombreux, composé de Métis, de Patriotes, de membres de la SSJBM et de participants de divers horizons, le chef de l'Alliance Autochtone du Québec (AAQ) a tout d'abord rappelé, avec une pointe d'humour, qu'il se trouvait sur « SON territoire », la réserve de Kahnesatake (établissement Mohawk, Laurentides) sur laquelle il réside s'étendant de Hull (Outaouais) jusqu'à Joliette (Lanaudière). Toutefois, il a précisé que lui-même constituait une « exception » puisqu'il représente les Autochtones hors réserves, dont le nombre s'èlève aujourd'hui à 1 500 000 au Canada (contre 347 000 Indiens statués). Il a ensuite expliqué que depuis l'inclusion de l'article 35 dans la Constitution canadienne de 1982, qui avait reconnu les Métis au même titre que les Premières Nations et les Inuits, il se battait pour faire obtenir aux siens « les mêmes droits qu’aux Autochtones statués ».

M. Jean Jolicœur a enchaîné son exposé par la présentation d'un livre consacré à la corporation de services dont il est aussi l’un des dirigeants, Waskahegen, Un fleuron de l'entrepreunariat autochtone (par Carl Beaulieu, Éditions du Patrimoine, 2010), un organisme gérant quelque 2000 logements destinés aux Autochtones hors-réserves du Québec. Chaque 16 novembre, cette entreprise ferme ses portes afin d’observer un jour férié en mémoire de Louis Riel.

Puis, en s’appuyant sur les passages les plus significatifs de Louis Riel, le Bison de cristal, le chef Autochtone a démontré que l’exécution du jeune député Métis avait résulté d’un pur calcul électoraliste de la part du Premier ministre John Alexander Macdonald (1815-1891). Il a conclu son propos en soulignant que le 22 novembre 1885, 50 000 personnes avaient organisé une manifestation de protestation d’une ampleur inégalée sur la Place du Champ-de-Mars, à Montréal. Dénoncé par Honoré Mercier (1840-1894),  futur Premier ministre du Québec, et par Adolphe Ouimet (1840-1910), président de l’Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, « l'horrible crime racial » perpétré contre Louis Riel avait formé ce jour-là le terreau de la prise de conscience des Québécois de leur véritable identité nationale et de la naissance du Québec moderne.



EXTRAITS DE L'OUVRAGE D' ISMÈNE TOUSSAINT, LOUIS RIEL, LE BISON DE CRISTAL, LUS PAR M. JEAN JOLICŒUR

1er extrait : « (...) Pendant ce temps, la nouvelle de sa condamnation a fait de nouveau exploser le pays en deux camps ennemis : « rielliens » et « anti-rielliens », francophones et anglophones, catholiques et protestants, habitants de l'Est et habitants de l'Ouest, Québécois et Ontariens (...) »

2e extrait : « (...) Ayant mûrement soupesé, d'une part, les votes ontariens, d'autre part, les votes québécois, et estimé que les seconds pèsent moins lourd que les premiers dans la balance électorale, Macdonald – qui ne raisonne qu'en nombre de voix politiques – décide de frapper le coup final : « Il sera pendu, hurle-t-il, même si tous les chiens du Québec doivent aboyer en sa faveur ! (...) »

3e extrait : « (...) Le 22 novembre, soit une semaine après l'exécution de Louis, cinquante-mille personnes – un chiffre considérable pour l'époque – se rassemblent sur la place du Champ de Mars de Montréal afin d'exprimer leur révolte contre ce brutal assassinat politique. Aux premières loges : Adolphe Ouimet, avocat et président de la Société Saint-Jean-Baptiste, accompagné de plusieurs milliers de membres, les uns muets de colère, les autres vociférant, le poing levé.

Parmi les orateurs venus manifester leur réprobation, se distingue Honoré Mercier, député libéral et ami de Louis Riel, qui avait aidé ce dernier aux temps difficiles de son élection à l'Assemblée. Le début de son discours, à la fois émouvant et véhément, est demeuré célèbre :

« Riel, notre frère, est mort, victime de son dévouement à la cause des Métis dont il était le chef, victime du fanatisme et de la trahison ; du fanatisme de sir John et de ses amis ; du fanatisme de trois des nôtres qui, pour conserver leur poste de ministre, ont vendu leur frère.

Riel est mort sur l'échafaud comme les patriotes de 1837, en brave chrétien ! En assassinant Riel, sir John n'a pas seulement frappé au cœur de notre race, il a aussi trahi la cause de la justice et de l'humanité (...) ». 

« (...) Le 7 mai 1886, appelé à se prononcer à la Chambre des Communes sur la responsabilité du fédéral dans l'ignoble meurtre, il poussera encore ce cri du cœur qui ralliera libéraux, conservateurs et ultramontains dans un même élan d'aspiration nationaliste. « J'aime mieux appeler Louis Riel mon frère que de faire comme certains hommes qui appellent les orangistes leurs frères (...) » 

Vidéo « John Macdonald»  : lecture d'extraits de l'ouvrage d'Ismène Toussaint, Louis Riel, Le Bison de cristal, par M. Jean Jolicœur, lors de la Soirée Louis-Riel organisée le 16 novembre 2010 par la section Legardeur de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal à Repentigny (Lanaudière, Québec) », Tagtélé, 16 novembre 2010 :

http://www.tagtele.com/profil/Gilles26001/?v=62149&vc=&vp=1

Voir aussi les rubriques « Louis Riel, fédérateur de la Nation métisse » : Conférence de M. Jean Jolicœur, chef des Autochtones hors-réserves du Québec,  le 15 novembre 2010 à la section Louis-Riel de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal » dans l'espace central de ce site.

 

 

© Ismène Toussaint, Le Bison de cristal - Jean Jolicœur - Union métisse Est-Ouest -
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